La 28e édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) se déroule du 29 octobre au 8 novembre 2025 au Palais des expositions des Pins Maritimes. Comme chaque année, cet événement constitue un moment privilégié pour les éditeurs, qui y dévoilent un grand nombre de nouveautés. Sans ambition d’exhaustivité, nous présentons ici une sélection d’ouvrages que le public pourra découvrir au salon. Première sélection dans le genre du roman
Samovarr, une conquête algérienne de Keltoum Staali

Les éditions Casbah publient le nouveau roman de Keltoum Staali. La lecture de « Samovarr, une conquête algérienne » se présente comme une épreuve tout à fait singulière. C’est un roman « qui n’en a pas l’air ». Confiante en ses lecteurs, Keltoum Staali leur ouvre le laboratoire de sa fabrique littéraire, où se forge un texte en fragments, sans maître d’oeuvre identifié. Qui donc a écrit ce fabuleux Samovarr?
Sacha, l’écrivain venu du froid, qui s’égare dans le métro de Marseille à la recherche d’une mystérieuse femme ? Yasmina, la conteuse métamorphosée en sorcière, échappée des montagnes de Kabylie? N’est-ce pas, plus sûrement peut-être, Meryem la journaliste, qui tente de remonter le fil de l’histoire dans son attachement profond à un pays, une Algérie toujours à conquérir… Keltoum Staali, en maîtresse d’oeuvre, nous offre un roman magistralement construit, où les voix font sens, sur fond de correspondances mémorielles et culturelles. Prix : 1500 DA.
L’héritage du silence de Manel Benchouk

Les éditions Dalimen publient le deuxième roman de Manel Benchouk, après « Sans l’ombre d’un remords », paru en 2023. Rym veille sur sa grand-mère Zhor, atteinte d’Alzheimer. À mesure que sa mémoire vacille, des souvenirs troublants resurgissent, porteurs de secrets longtemps tus. Boule-versée, la jeune femme tente de percer ce mystère.
De 1970 à 2025, des derbs de Tlemcen aux rivages de Stidia, les voix de Zhor et de Rym s’entrelacent pour raconter un récit vibrant de tendresse, de passions défen-dues, et de rêves inavoués. Ode aux poésies du Hawfi et aux traditions tlemcéniennes d’antan, ce roman explore le deuil blanc, la fragilité du souvenir, la force de l’amour et des liens qui s’élèvent contre l’oubli et le silence. Née en 2000 à Mostaganem, Manel-Zahia Benchouk est docteure en pharmacie et diplômée du Swiss Tropical and Public Health Institute. Elle est également musi-cienne depuis son plus jeune âge, et passionnée de littérature.
Les béliers d’Ahmed Fouad Bouras

Les éditions Apic pubient « Les béliers », premier roman édité en Algérie d’Ahmed Fouad Bouras, chirurgien des hôpitaux. C’est l’histoire de Ouahab, qui a grandi en France. À la demande de son père, il se rend en Algérie où il a tout à découvrir. Son demi-frère, Abderrahmane, berger aux fréquentations douteuses, ne voit pas son arrivée d’un bon œil. Rahma, sa demi-sœur à la lame affûtée, véritable ciment de la famille, est partagée entre la raison, l’amour et la liberté.
Le père, ombrageux et déjanté, surveille la fratrie. Il y a aussi les bêtes, véritables personnages qui non seulement se battent, mais entraînent les hommes dans leurs combats. Cette histoire familiale, habilement construite, nous emmène dans l’Algérie des années 2000, celle de la ville autant que celle de la ruralité, avec les ranchs familiaux et les road trips de l’autre côté de la frontière. Grâce à un humour décapant et à une écriture enlevée, flamboyante et maîtrisée, l’auteur aborde avec une aisance remarquable des thèmes lourds de sens, tels que la relation avec le père et les liens du sang, le rôle des femmes et les moyens de leur émancipation ailleurs qu’en Occident, les relations entre homme et animal, les espoirs perdus et le sentiment amoureux. Ils essayent de naviguer à vue dans un océan si vaste qu’il se confond avec l’horizon; un horizon qu’ils semblent parfois oublier mais que l’auteur a essayé de donner en permanence à voir aux lecteurs à travers son roman. Prix : 1200 DA.
Jeunesse à la fleur de Rym Khelil
Les éditions Barzakh publient le premier roman de Rym Khelil, « Jeunesse à la fleur ». Algérie, 1995. Assia, Amina, Majid sont trois lycéens en classe de terminale, dans le pres-tigieux lycée technique du Ruisseau d’Alger. Issus de milieux très différents, ils évoluent, au gré de leurs tourments dans la ville blanche meurtrie par la violence. Autant de destins que le lecteur suit avec empathie.

Mais ces jeunes gens à la fleur de l’âge sont aussi riches de leur jeunesse, de leur envie de vivre – désir plus vaste que la mer, plus fort que les bombes. Une ode touchante à la résilience et à la vie. Née à Alger en 1983, Rym Khelil est ingénieure de formation. Diplômée de l’École Nationale Polytechnique d’Alger et de l’École Centrale de Paris, elle vit désormais à l’étranger où elle travaille dans le domaine de l’énergie.
Jeune auteur perdu d’Abdelmoaiz Farhi

Les éditions Casbah publie le troisième roman d’Abdelmoaiz Farhi, intitulé « Jeune auteur perdu ». Dans un café face à ses pages blanches, un jeune auteur tente de donner un sens à ses mots et à sa vie. Entre doute et passion, il s’interroge sur l’amour, l’amitié, le regret, mais aussi sur l’Algérie et sa jeunesse. Ses récits mêlent confidences, fragments de mémoire et instants suspendus, où se croisent désirs inassouvis et rêves inachevés.
Roman de l’attente et du regret, mais aussi ode à l’espoir, Jeune auteur perdu nous entraîne dans l’univers intime d’un narrateur en quête de vérité. Un récit vibrant et sincère qui touche au coeur et bouscule l’esprit. Abdelmoaiz Farhi est né le 18 mai 2001 à Annaba. Titulaire d’un master en politiques publiques, il poursuit actuellement ses études à l’Ecole nationale d’administration (ENA d’Alger). Passionné de littérature, il publie à 17 ans son premier roman À 19 heures mon amour, (Casbah Editions 2018) suivi de FAYLA, (Casbah Editions 2021). Prix : 1000 DA.
Le dernier voyage du philosophe de Belkacem Meghzouchene

Les éditions Dalimen publient le roman de Belkacem Meghzouchene intitulé « Le dernier voyage du philosophe ». Ce roman retrace les derniers moments de la vie de Karl Marx, essentiellement son séjour à Alger en 1882. Il aborde l’itinéraire militant de cet homme à la fois historien, sociologue, économiste, journaliste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste.
Il s’appuie sur des éléments biographiques mais s’en affranchit pour donner la parole aux divers interlocuteurs de Marx amis, écrivains, détracteurs, mais aussi à Marx lui-même au moment où il s’approche de la fin de sa vie. Il est question de sa famille, de deuils qui l’ont marqué mais aussi de tous les intellectuels, polémistes, écrivains, artistes avec lesquels il a partagé les turbulences du XIXe siècle. Au-delà de son œuvre, on découvre un homme exceptionnel pétri de qualités et fouetté par les bourrasques du triste destin. Belkacem Meghzouchene est diplômé en génétique à l’USTHB, Alger. Auteur et traducteur prolifique, il a publié plusieurs romans en arabe, en anglais et en tamazight, comme il a traduit une dizaine d’ouvrages littéraires. Il est lauréat de plusieurs prix littéraires Prix Ali-Maachi en 2011, Prix du roman arabe Tahar-Ouettar en 2017, Prix du président de République de la littérature amazighe en 2022, Prix de la nouvelle au Festival international de littérature de Ouargla en 2024). Par ailleurs, son texte en tamazight « Le bateau de Calédonie » fut adapté sur scène et reçut le Grand prix au Festival national du théâtre professionnel à Alger en 2024. Prix: 160O DA
Héméra. Le jour d’après d’Afif Mouats
Les éditions Khayal publient le nouveau roman d’Afif Mouats. Parfois, nous perdons le contrôle de notre avenir et vivons une vie que nous n’avions pas planifiée. C’est l’histoire de Yasmina, personnage central d’un roman à la construction soignée, écrit dans une langue française fluide et séduisante. Le récit évoque le destin de ceux qui semblent condamnés à n’être que le reflet d’eux-mêmes.

Titulaire d’une licence en mathématiques appliquées, Yasmina devient enseignante, contrainte de rester dans son pays auprès de sa fratrie. Après la mort prématurée de sa mère et lasse d’un quotidien étouffant, elle accepte d’épouser un cousin et part s’installer à Isly, dans l’espoir d’un nouveau départ.
Journal de la Maison Heinrich Böll de Mohamed Magani

Les éditions Chihab publient le nouveau roman de Mohamed Magani intitulé « Journal de la Maison Heinrich Böll ». De fin juillet à mi-octobre 2002, Mohamed Magani séjourne en résidence d’écriture dans la maison du Prix Nobel de littérature allemand Heinrich Böll, à Langenbroich.
Cette expérience singulière donne naissance à un journal intime où se mêlent réflexions littéraires, observations du quotidien et lettres posthumes adressées au maître des lieux. Entre les promenades à vélo dans la campagne rhénane, les cueillettes de fruits dans le verger et les rencontres avec les autres résidents – un poète pakistanais réfugié, un écrivain roumain, une traductrice italienne –, Magani développe sa théorie de l’« écriture sismale ». Face aux ruines laissées par la guerre civile algérienne des années 90, il propose une «littérature des cendres» qui témoignerait de l’humanité avant sa destruction. Ce journal constitue un dialogue interculturel fascinant entre deux écrivains que séparent une génération et des expériences historiques distinctes, mais qu›unit une même conception de la littérature comme « une des dernières positions de liberté ». Une méditation sur l›écriture, l’exil et la mémoire qui révèle la persistance des liens invisibles tissés par la création littéraire. Mohamed Magani est né en Algérie. Romancier et essayiste, il est l’auteur de dix-huit ouvrages dontquatorze romans. Ses romans, nouvelles et essais, ont été traduits en anglais, allemand, italien, espagnol, serbo-croate. Il a bénéficié de résidences d4écriture à Berlin, Langenbroich, Amsterdam, Iowa City, Helsinki et Anvers.
N’oublie pas notre Arménie de Yahia Belaskri

Les éditions El Kalima publient « N’oublie pas notre Arménie », le nouveau roman de Yahia Belaskri, romancier, nouvelliste et essayiste né à Oran en 1952. Avril 1909. Maritsa Ohadjanian, jeune médecin arménienne, quitte Constantinople pour participer à une mission humanitaire. Elle ne sait pas encore que son chemin la conduira au cœur d’un enfer : la ville d’Adana en flammes, ravagée par des massacres d’une brutalité inouïe.
Commence alors une fuite éperdue à travers Alep, Samarcande, Alexandrie… un exil sans fin, consigné dans ses carnets comme une ultime trace de vie et de résistance. Dans une prose vibrante et poétique, Yahia Belaskri nous entraîne dans une odyssée bouleversante, entre ténèbres et lumière. « N’oublie pas notre Arménie » est à la fois un récit de survie, et un hommage vibrant à un peuple déchiré, à ses martyrs et à ses espérances. Porté par la force de l’amour et le souffle de la mémoire, ce roman incantatoire fait résonner une question universelle comment continuer à espérer quand l’Histoire s’écrit avec le sang des innocents? Un chant qui résonne depuis des millénaires, chant de douleur et d’espérance. Un chant de mémoire. Un cri contre l’oubli. Un hymne à la fraternité.
Partout le même ciel de Hajar Bali

Les éditions Barzakh publient le nouveau roman de Hajar Bali intitulé « Partout le même ciel ». Algérie, fin des années 2010. Wafa et Adel habitent Alger. Ce sont deux adolescents qui s’aiment d’un amour farouche et ardent. Chaque jour, ils tentent d’inventer leur vie, tiraillés entre désir d’émancipation et loyautés familiales.
Avec ses grandes lunettes qui lui glissent sur le nez et sa grâce un peu sauvage, Wafa semble plus solide que Adel, mais en eux remue, confusément, le même sentiment de révolte : ils étouffent sous le conformisme ambiant. Un jour, ils rencontrent Slim, ancien prof de Fac, quarantenaire misanthrope et marginal. Il devient leur pygmalion, les initie à la mystique musulmane, la philosophie, la littérature. C’est un homme blessé pourtant, lui-même égaré, qui s’est fixé une mission, celle de sauver ces « enfants ». Ces trois-là vont nouer une relation fusionnelle, soudée par l’amour et l’amitié. On les suit dans leurs déambulations algéroises, leur road trip vers Biskra (une remontée aux origines du monde) et, enfin, en 2019, dans le tumulte du Hirak. Hajar Bali signe un roman libre et poétique, qui se déploie avec patience et majesté. Elle continue, sans relâche, d’explorer une question cruciale : entre révolution intime et révolution politique, comment cheminer au plus près de son désir ? Née en 1961, Hajar Bali vit à Alger où elle a enseigné les mathématiques à l’université de Bab Ezzouar. Elle est dramaturge et nouvelliste. Après « Écorces » (2020), « Partout, le même ciel » est son deuxième roman. Il paraît simultanément en Algérie et en France (Belfond).
Ce que disent les morts de Jugurtha Abbou
Les éditions Dalimen publient le nouveau roman de Jugurtha Abbou, intitulé « Ce que disent les morts ». L’ouvrage s’intéresse à sept personnes mortes du Covid et enterrées dans une fosse commune faute de place dans les cimetières au plus fort de la pandémie. Leurs âmes font connaissance et, dans l’au-delà, racontent leur vie sur terre. Ces récits croisés dessinent un tableau de l’Algérie contemporaine.

Ces sept voix, quatre femmes et trois hommes, dialoguent et s’affrontent dans l’au-delà, exprimant des opinions radicalement divergentes sur la société, la liberté, l’histoire et l’identité. Chaque destin évoqué incarne une période et un pan de l’histoire nationale, offrant un récit pluriel où se mêlent mémoire collective et expériences intimes. Jugurtha Abbou, spécialiste en psychologie sociale et auteur de nombreux livres entre essais et romans, poursuit ainsi son exploration de la société algérienne. Son précédent roman, « Au- delà de mes rêves » mettait en scène Tarek, un rêveur infatigable convaincu de la force de l’humanité malgré les injustices. Prix : 1400 DA.
Le coucou de Mehdi Messaoudi

Les éditions Apic publient « Le coucou » de Mehdi Messaoudi, qui s’inscrit dans la grande tradition du Giallo, ce polar où l’esthétique rencontre la tension, et où chaque détail peut devenir une pièce maîtresse du puzzle. Au cœur de l’intrigue, Moussa Haoues, commissaire de police à la retraite, réputé pour son franc-parler et ses méthodes singulières, voire brutales. Son seul maître: la justice. Son seul fardeau: une conscience qui ne lui pardonne rien.
En suivant son enquête, le lecteur plonge dans un labyrinthe de suspects insaisissables, de crimes violents, et de vérités qu’on préférerait ne jamais découvrir. Entre atmosphère envoûtante et suspense haletant, Mehdi Messaoudi signe un roman noir où l’ombre et la lumière s’affrontent, rappelant que la frontière entre le bien et le mal est parfois plus fine qu’une lame de rasoir. Né à Oran, Mehdi Messaoudi se lança dans l’écriture en 2017 avec la nouvelle « Au milieu du champ de lavande ». Il publia par la suite deux romans : « Pétri d’amertume » (2018) et « De l’autre côté » (2021), et un deuxième recueil de nouvelles, « En dépit du temps » (Apic, 2023). « Le concоu » est son troisième roman. Prix : 1000 DA.
En savoir plus sur Algérie Littéraire
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
